La culpabilité : au fond ! Elle est bénéfique…

Ecrit par : Dr. Farida BOUFTASS, Ph.D, M.Sc.

Ok ! J’avoue que le terme fait un peu peur : culpabilité! Rien qu’à prononcer le mot fait que ma face devient sérieuse et sobre. Ce brusque changement me fais sourire, c’est vrai que les mots ont un pouvoir colossal. Essayez de prononcer à haute voix les mots suivants: Fraternité, amour, compassion, gentillesse, tendresse ! Sans effort aucun, les épaules se détendent, le visage s’illumine.

Revenons à la culpabilité, comment peut-elle être bénéfique ? C’est une émotion négative, désagréable, qui ronge de l’intérieur (comme dit une amie qui se reconnaîtra). Effectivement, elle est désagréable, mais tout ce qui est désagréable n’est pas néfaste. Nous sommes une espèce sociale !nous vivons en groupes sociaux. La nature nous a dotés de la possibilité de ressentir la culpabilité, pour assurer des rapports sains entre les individus.

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Certaines personnes peuvent faire du tort à autrui, ou à elles-mêmes, sans pour autant éprouver la moindre once de culpabilité. Des individus dépourvus d’une telle émotion constituent un vrai danger pour la société ou pour eux-mêmes. Dans certains cas, cela reflète d’une psychopathie, mais dans d’autres cas c’est le produit d’un conditionnement social. Je dis conditionnement social avec beaucoup réserve. Personnellement, je crois que c’est d’abord une prédisposition génétique et psychologique, renforcée par le conditionnement social.

Mais pour la majorité d’entre nous, la culpabilité est bien là. Elle pointe son nez de temps à autres. Certains la font taire et ils continuent leur bon homme de chemin, mais cela ne veut en aucun cas dire qu’ils ne ressentent pas l’irritation émotionnelle qu’elle engendre. Elle est juste comme une balle qu’on jette face à un mur, elle rebondira… Tant qu’elle n’est pas écoutée, ce jeu continue… D’autres personnes, l’écoutent avec humilité, ils corrigent autant qu’ils peuvent le dommage qu’ils ont engendré. Ils demandent pardon et s’engagent à changer de comportement et d’approche. C’est ainsi que la culpabilité est positive (quoiqu’elle soit désagréable), elle permet de conserver et ressouder les liens sociaux, elle permet aussi une croissance personnelle pour devenir la meilleure version de nous-mêmes qu’on puisse être.

Mais, les émotions négatives liées à une action ou une intention mauvaise ne sont pas toutes bénéfiques. La honte, qui parfois surgit au même temps que la culpabilité, implique des sentiments négatifs par rapport au « Soi ». La honte est associée à des stratégies de défenses comme le déni, l’évitement ou même la violence physique. La honte fait que la personne se qualifie comme étant une mauvaise personne. Elle induit une auto-condamnation qui peut entraver les efforts du changement, puisque quand la honte est installée, le changement est presque impossible. Par contre, la culpabilité induit un sentiment négatif par rapport à l’action ou l’intention faite, mais nullement par rapport à la valeur de soi.

Un pardon de Soi implique une libération des sentiments de honte et d’auto-condamnation, mais un maintien d’un niveau de culpabilité et de remord, du moment qu’ils induisent un changement positif.

La culpabilité est donc un excellent mécanisme qui peut être promoteur de changement et d’évolution. Pour finir cet article, je tire mon chapeau aux personnes intègres et qui appliquent l’auto-control.

 

Photo : lifhack.org

 

 

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