Oyez les parents ! C’est vous qui cultivez la compassion chez vos enfants.

Ecrit par : Dr. Farida BOUFTASS, Ph.D, M.Sc.
Qu’est ce qui fait qu’une personne perçoit davantage la peine des autres ? Qu’est ce qui fait que telle ou telle personne serait plus inclinée à se porter volontaire, à aider son prochain ? Serait ce un simple trait de caractère qu’on hérite ? J’entends souvent: “C’est normal qu’un tel soit compassionnel, ses parents le sont aussi”.

Des recherches récentes en neuroscience suggèrent que les émotions positives seraient moins déterminées par nos gènes que les émotions négatives. D’autres études indiquent que les structures du cerveau impliquées dans les affects positifs« comme la compassion » seraient plus « plastiques », c’est-à-dire plus sujettes aux changements induits par l’environnement externe.
La compassion serait donc un trait qu’on peut développer dans des contextes appropriés. Les enfants sont le futur et l’espoir de l’humanité. Si on apprend ce qui les rendraient plus compassionnels, l’humanité aurait fait un grand pas en avant.
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Dr. Everett Waters et son équipe de recherche se sont penchés sur la question ; ils ont comparé un groupe d’enfants (âgés d’environ 3 ans) ayant un type d’attachement sécurisant avec leurs parents et un autre groupe d’enfants ayant un attachement non-sécurisant avec leurs parents. Il en a résulté que les enfants attachés de façon sécurisante sont beaucoup plus sympathiques et empathiques que les enfants attachés de façon non-sécurisante. Par ailleurs, Dr. Mary Main et Dr. Carol George ont trouvé que les enfants des parents abusifs, physiquement, seraient moins empathiques que leurs pairs.
Des psychologues du développement se sont également intéressés à comparer deux types spécifiques de pratiques parentales :
1. Les parents expliquent à leurs enfants pourquoi tel ou tel acte est non acceptable ; ils induisent leurs enfants à raisonner aux conséquences de leurs actes et être responsables.
2. Les parents insistent sur ce qui est bien ou mauvais. Ils recourent à la punition physique (ou l’expression de la colère) dès que l’enfant fait un acte non acceptable.
Les enfants, issus de familles qui privilégient la communication raisonnable (1), seraient plus enclins à aider leurs pairs. Cette pratique parentale nourrirait les bases de la compassion : reconnaître la souffrance chez les autres et un fort désir de venir en aide à leurs prochains. Dans un autre article, je discuterais davantage la théorie de l’attachement chez les enfants.
Il y a de plus en plus de travaux scientifiques qui prouvent que plus on aide nos prochains, plus on est heureux (tant qu’on cela n’est pas fait à nos dépens). Les religions et les cultures ont raison de prôner la compassion, elle serait le garant de notre propre bien-être.
Pour finir, je dirais que les futurs adultes compassionnels se préparent dès le berceau. Apprenons à mieux communiquer avec les enfants!
Références : Dachter keltner (2004). The compassionate instinct, the greater good center. University of Berkeley. Photo: acelebrationofwomen.org
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